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Le Comité Gersois pour le Développement et la Défense de l’Hôpital Public
vous inviteà la Conférence – débat
« En matière de santé publique, comment savoirs scientifiques et savoirs
citoyens peuvent résister à l’imposture scientifique »
le 22 juin 2015 à 20h30 salle du Mouzon à AUCH

Avec la participation d’ Annie Thébaud-Mony
Sociologue en santé publique, directrice de recherches honoraire à l’Inserm

Chercheure associée au Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers
d’origine professionnelle (GISCOP 93) à l’université Paris-13.
Amiante, pesticides, plomb, nucléaire, téléphonie mobile, Ogm…

Dans son livre« La science asservie », la sociologue de la santé, Annie Thébaud-Mony, montre
comment de nombreux chercheurs contribuent à instaurer une « stratégie du
doute » sur les risques auxquels les populations sont exposées.
Une stratégie qui a commencé avec le tabac quand les fabricants ont nié les conséquences
de la cigarette sur la santé des fumeurs avec la complicité de certains
scientifiques (dont l’industrie finançait les travaux) et qui a continué avec le scandale
de l’amiante.
La même fabrique de l’incertitude est à l’oeuvre aujourd’hui avec les perturbateurs
endocriniens ou encore les faibles doses de polluants…
La chercheuse dénonce ce « processus de confiscation de la science au service
des intérêts privés de grands groupes industriels, souvent avec la complicité active
de l’Etat ».
Un système dont le seul objectif est de noyer le poisson et de conditionner les
citoyens dans l’idée que les études sont contradictoires, qu’on ne sait pas, qu’on ne
peut pas conclure… alors que bien souvent, les conséquences des toxiques sont
connues.
Tout se passe comme si les chercheurs « détenaient un savoir scientifique indiscutable
», souligne Annie Thébaud-Mony tandis que les « gens ordinaires ne disposeraient
que de connaissances empiriques profanes ».
Selon elle, depuis un siècle, la recherche en santé publique s’inscrit dans ce paradigme
du doute, exigeant toujours plus de preuves, toujours plus de liens de causalité,
impossibles à fournir.
Les gagnants de cette bataille sont les industriels, les perdants, les usagers à
commencer par les ouvriers qui, en 2008, avaient dix fois plus de risques de mourir
d’un cancer qu’un cadre supérieur, contre quatre fois plus en 1984…

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