Les menaces se précisent autour de la fusion des hôpitaux des deux communes. Cette fusion nous a été présentée comme le meilleurs rempart contre les menaces, alors potentielles, contenues dans ce qui n’était encore qu’un projet, la Loi Bachelot.
Nous avions rencontré les élus des deux communes pour leur exprimer nos doutes et nos craintes sur les conséquences de cette anticipation.
C’était, en effet, faire peu de cas du sens profond, du cœur même, de la loi Bachelot qui consiste, entre autre, à regrouper les établissements hospitaliers au nom de l’efficacité de gestion et aboutir à une réduction considérable des financements de l’Etat.
Lors de sa prise de fonction le directeur de la nouvelle Agence Régionale de la Santé a été très clair face aux directeurs des hôpitaux du Gers quand il leur a précisé que désormais il était inutile de venir demander de l’argent à l’Etat, c’est à eux désormais de le trouver par leur propre moyen…
Nous sommes face à un « dé tricotage » programmé du tissu hospitalier départemental. C’est cet ensemble que nous devons protéger parce qu’il correspond aux spécificités sanitaires et sociales du Gers.
C’est donc bien d’un point de vue départemental qu’il convient de penser la structure sanitaire dans son développement.
C’est pourquoi nous demandons aux élus territoriaux de construire une initiative publique de mobilisation pour imposer aux représentants de l’État la prise en compte des spécificités départementales dans la modernisation de la structure hospitalière du Gers.
Lettre ouverte aux élus de Lectoure et Fleurance.
Auch le 5.05.2010.
Ce mercredi 5 mai nous avons organisé à Lectoure une rencontre publique pour tenter de faire le point sur la situation des établissements hospitaliers Lectoure Fleurance depuis que leur fusion est effective.
Une cinquantaine d’habitants des deux communes et de personnels des deux établissements sont venus faire part de leur volonté de préserver la capacité de soins assurés par la nouvelle entité.
En effet, nous avions été alertés à plusieurs reprises sur ce qui serait une remise en cause des engagements qui avait été pris par l’ARH vis-à-vis des élus des deux communes quant au maintien des moyens de soins du secteur après la réorganisation.
Nous avions dit aux deux maires, que nous avions rencontrés alors, nos doutes sur la volonté réelle de l’autorité de tutelle de maintenir les moyens en l’état.
La fusion était présentée comme le moyen de recréer une unité de lits de médecine et de SSR répartis sur les deux établissements, qui sans cela étaient remis en cause au nom des ratios en vigueur.
La logique de la loi « Bachelot » alors en débat indiquait plutôt une volonté de réduire l’ensemble des participations de l’Etat dans le domaine de la santé publique, imposant, de fait, aux établissements publics le « soin » de rechercher par eux-mêmes les ressources et les économies nécessaires à leur fonctionnement.
Cette logique est à l’œuvre.
Au cours de notre réunion de ce 5 mai le Sénateur Maire R. Val est intervenu et retraçant l’historique de la fusion, confirmait les craintes que nous avions exprimées, puisqu’il a indiqué que l’ARS, reniant les engagements pris par la défunte ARH, « suggère » avec une certaine insistance que les lits de médecine et de SSR constituant une entité administrative doivent logiquement constituer une unité opérationnelle.
La conséquence de cette suggestion aboutissant à regrouper physiquement les deux services sur Fleurance et ruinant tout espoir de réalisation d’un nouvel établissement sur Lectoure.
Cette « hypothèse » est inadmissible !
Les engagements pris doivent être respectés !
Le directeur de la nouvelle ARS se fait menaçant vis-à-vis de ceux qui ne se soumettraient pas à ces diktats. Si ces menaces traduisent fort bien le nouveau mode de gouvernance institué par la loi « Bachelot », elles indiquent fort bien également la crainte que peut inspirer à la tutelle l’hypothèse d’une intervention citoyenne.
La population ne peut tolérer que ses élus soient ainsi bafoués en étant exclus des décisions qui la concernent au plus haut point.
Nous pensons qu’aujourd’hui la priorité est d’organiser l’intervention citoyenne pour le maintien et la répartition territoriale des moyens de la politique de santé publique.
Il est de la responsabilité des élus territoriaux du suffrage universel de construire cette mobilisation.
C’est à cette construction que nous appelons aujourd’hui et nous sommes décidés à y prendre toute notre place.
Tout le Département du Gers est concerné. Aujourd’hui Lectoure et Fleurance sont touchées, demain se sont tous les hôpitaux locaux qui seront visés de la même façon.
En défendant l’intégrité des moyens du nouvel établissement «Lectoure-Fleurance » c’est l’ensemble du dispositif gersois que nous défendrons. La pénurie de personnel, qui d’ailleurs n’est pas fortuite, ne doit pas servir d’alibi à l’affaiblissement de la capacité de soins du secteur.
Nous restons déterminés à prendre toute initiative publique nécessaire, indispensable pour défendre nos hôpitaux publics.
Pour le Comité le Président
Jean Claude Marx.
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